Lentement une forme émerge de la brume…


Lentement une forme émerge de la brume, une forme ronde comme une perle, perle de rosée ou perle nacrée ne dit-on pas que les erreurs, comme des pailles, flottent à la surface et, que celui qui veut chercher des perles, doit plonger en profondeur. Ronde la forme, ronde comme la rondeur du vin ou ronde comme l’ivresse dans laquelle on se sent immergé.

Lentement une forme émerge de la brume, ronde ou oblongue, bien plus longue que large et arrondie au deux bouts, oblongue serait mieux que ronde car elle me permettrait d’assurer les réglages et les guidages des mouvements de cette brume, oui oblongue ou ovale comme l’œuf ou le ballon qui, quand vous ne le maîtrisez pas, part dans tous les sens, comme émergeant du néant et allant à la dérive.

La brume me gêne encore, la forme est probablement ovoïde comme la section des égouts datant de l’époque victorienne de Brighton en Angleterre. C’est ça, c’est une ellipse qui émerge de la brume, des profondeurs, c’est comme la perspective d’une planète surgie de la stratosphère.

La forme émerge, il me semble, mais si lentement que je la distingue à peine, lentement comme le mouvement des astres,  imperceptiblement sortie d’un sommeil lent, d’un sommeil profond.

De la brume elle émerge lentement, apathique comme une mélancolie incurable, une profonde misère morale, un doute définitif et navrant, un désespoir, tous ces stigmates qui sont les symptômes même de mon amour. Lentement elle sort de l’état confus, manque de clarté de ma pensée, étrange voyage dans la brume, ou tout est solitude, perle de rosée ou perle nacrée. Je flotte à la surface, perdu dans mes erreurs, je plonge profondément dans l’abîme et enfin, je remonte, à mon côté une forme émerge de l’abîme.

 D.D’O