Corps habité

Mon enfant, ma sœur

Songe à la laideur de ton visage sous la rampe

Tes hanches évasives sous ta robe cursive

Dessinent un immonde paysage

De tes cuisses flasques

Délaissées par la grâce

Monte un parfum résiduel

Blanche d’hivers gélifs

Sur les rives abruptes de tes seins

Barbuques

Le lait tari a laissé ses croûtes sèches et

Tes pieds crevassés aux nœuds

Tortueux, foulent de lassitude la terre

Mon enfant, ma sœur

N’imagine pas qu’un quelconque retour

Donnera du recours aux seins épais qui se balancent

Quand tu marches, vils et crasseux

Le long des quais poisseux

De tes clients à cinq sous

Hagards et avinés ils baiseront

Sans brider

L’antre Levis de ton corps roide

Que les eaux grises du fleuve

Ravagent sans férir

Mais quand tu fileras

Au matin naissant

Vers notre île amarrée à deux pas de la ville

Tu deviendras Vénus de la Brume

Auréolée d’éclats

Tu glisseras dans nos draps de velours

Où je te tendrai les bras

Amoureuse et conquise par la

Troublante vacherie

Que la vie t’a servie

Marianna Payovitch

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