Ici, là-bas, ailleurs

 

En janvier, chaque jour, les auteurs ont participé à cette anaphore

 

MAINTENANT L’ANAPHORE CONTINUE AU GRÈS DES JOURS… et des envies

 

MAI

 

Ici, là-bas, ailleurs, quand le merle chante en mai, avril est fini.

Ici, là-bas, ailleurs, on frappe la nature mais pas les esprits.

Ici, là-bas, ailleurs, on frappe le champagne et les hommes aussi.

Ici, là-bas, ailleurs, on frappe les hommes et les femmes encore plus.

Ici, là-bas, ailleurs, on frappe le métal pour tuer nos enfants.

Ici, là-bas, ailleurs, on frappe l’opinion et encore nos enfants.

Ici, là-bas, ailleurs, on dit que c’est à la Sorbonne, que l’on a inventé les tags.

Ici, là-bas, ailleurs, on disait non à la pollution, c’est devenu pire.

Ici, là-bas, ailleurs, si les révolutions avaient pu nous apprendre à prévoir !

Ici, là-bas, ailleurs, les révolutions n’ont pas changé les privilèges mais les ont adaptés.

Ici, là-bas, ailleurs, une seule personne vous manque et tout vous semble vide.

Ici, là-bas, ailleurs, on greffe de tout maintenant, sauf de l’amour par manque de compassion.

Ici, là-bas, ailleurs, on passe son temps à chercher ce qui nous manque, sans savoir quoi chercher.

Ici, là-bas, ailleurs, le monde est en veille par manque de prudence.

Ici, là-bas, ailleurs, celui qui se tait ne manque pas de penser.

Ici, là-bas, ailleurs, ceux qui parlent trop, manquent souvent les occasions de se taire.

Ici, là-bas, ailleurs, il manquera toujours des chaussettes dans le tambour.

Ici, là-bas, ailleurs, on peut mourir après avoir manqué de vivre.

Ici, là-bas, ailleurs, enfermé dans sa tête, même le printemps peut manquer de charme.

Ici, là-bas, ailleurs, le passé manque trop souvent dans nos réflexions pour l’avenir.

Ici, là-bas, ailleurs, on calcule désormais le kilogramme selon une nouvelle méthode,

Ici, là-bas, ailleurs, ce n’est pas un nouveau cantique, mais c’est tout de même quantique.

Ici, là-bas, ailleurs, quand un ennemi souffre pour toi, c’est qu’il a fini par te pardonner.

Ici, là-bas, ailleurs, il n’y a pas encore de journée internationale répertoriée le 23 mai.

Ici, là-bas, ailleurs, qui n’a point semé hier de haricot, n’en récoltera pas par millier.

Ici, là-bas, ailleurs, se rappelle-t-on qu’il y a 1 an, on légalisait l’avortement en Irlande ?

Ici, là-bas, ailleurs, quel est le pourcentage de gens dans le monde, connaissant les européennes ?

Ici, là-bas, ailleurs, faut-il craindre les retours des nationalismes ?

Ici, là-bas, ailleurs, on ne voit pas le soleil de la même façon.

Ici, là-bas, ailleurs, les dieux sont différents.

Ici, là-bas, ailleurs, tous les athées croient-il pour autant en l’homme

Ici, là-bas, ailleurs, les voyages enrichissent les touristes et plus encore les agences. D.D’O

AVRIL

 

Ici, là-bas, ailleurs, on est surpris par la nouvelle, la lune est devenue carrée.

Ici, là-bas, ailleurs, on s’est rendu compte que c’était pour faciliter les prochains alunissages.

Ici, là-bas, ailleurs, on est rongé par le souci, eux sont rongés par la maladie plus le souci.

Ici, là-bas, ailleurs , le projet d’un mur s’écroule. Sombréros bas !

Ici, là-bas, ailleurs, les anaphores seraient asymétriques !!!

Ici, là-bas, ailleurs, rectification mondiale, les anaphores ont bien des effets de symétrie.

Ici, là-bas, ailleurs, on supplie que l’être aimé survive.

Ici, là-bas, ailleurs, pour un idéal, un seul prendra cent vies.

Ici, là-bas, ailleurs, faudrait revoir la définition du mot, idéal.

Ici, là-bas, ailleurs, le saccage du vivant s’accélère.

Ici, là-bas, ailleurs, la sixième extinction de la biodiversité est-elle en marche?

Ici, là-bas, ailleurs, ils disent que c’est moi, l’homme qui est responsable de cette grande accélération.

Ici, là-bas, ailleurs, la science fait des miracles, mais pas que !

Ici, là-bas, ailleurs, la médecine progresse, mais trop tard pour l’agonisant.

Ici, là-bas, ailleurs, le bonheur est un état émotionnel agréable, mais que dire du malheur !

Ici, là-bas, ailleurs, on éprouve rien en naissant mais on éprouve démesurément en mourant.

Ici, là-bas, ailleurs, aujourd’hui plus de 150 millions vont mourir, sans que nous le sachions.

Ici, là-bas, ailleurs, nous n’avons pas souffert des morts d’hier, ce jour, il y en aura autant.

Ici, là-bas, ailleurs, quand nous mourrons, 7 milliards de nos contemporains, l’ignoreront.

Ici, là-bas, ailleurs, l’homme est tellement seul à la mort de l’être aimé.

Ici, là-bas, ailleurs, la peur est rattachée à la vie, quand il n’y plus de vie, il n’y a plus de peur.

Ici, là-bas, ailleurs, psychologiquement et physiologiquement, nous développons des mécanismes qui nous  permettent d’affronter la réalité de la fin avec sagesse.

Ici, là-bas, ailleurs , Changement de température ; dispersion des infections, le fil d’avril.

Ici, là-bas, ailleurs, encore 150 millions de personnes disparues ce jour, mais un seul est cher.

Ici, là-bas, ailleurs, le Sri Lanka s’est meurtri dans un monde en léthargie.

Ici, là-bas, ailleurs, que le deuil devienne résilience.

Ici, là-bas, ailleurs, les corps se dispersent en poussière et leurs esprits dans nos cœurs.

Ici, là-bas, ailleurs, on voudrait se dire des mots qui consolent.

Ici, là-bas, ailleurs, on essaie de partager la douleur, pour mieux la diviser.              D. D’O

Ici, là-bas, ailleurs, leurs espoirs se manifestent.

Ici, là-bas, ailleurs, leurs panses se sont alourdies.

Ici, là-bas, ailleurs, les oubliés se font légions.

Ici, là-bas, ailleurs, les révolutions grondent.

Ici, là-bas, ailleurs, les angoisses se libèrent.

Ici, là-bas, ailleurs, les allégresses retombent.

Ici, là-bas, ailleurs, les rires sont étouffés.

Ici, là-bas, ailleurs, des sanglots éclatent.

Ici, là-bas, ailleurs, des projets se réalisent.

Ici, là-bas, ailleurs, des maisons s’effondrent.

Ici, là-bas, ailleurs, on s’abroge des droits.

Ici, là-bas, ailleurs on ignore les règles.

Ici, là-bas, ailleurs, on enfante dans la joie.

Ici, là-bas, ailleurs, on avorte dans la douleur.

Ici, là-bas, ailleurs, on rêve de démocratie.

Ici, là-bas, ailleurs on ignore la même démocratie.

Ici, là-bas, ailleurs on émerge des catacombes.

Ici, là-bas, ailleurs on élabore en silence.

Ici, là-bas, ailleurs, les revendications se teintent de jaune.

Ici, là-bas, ailleurs, on s’inquiète du rhume de nos petits-enfants.

Ici, là-bas, ailleurs, les rhumes des petits sont passés aux grands.

Ici, là-bas, ailleurs, les froidures de l’hiver gercent les mains.

Ici, là-bas, ailleurs, les rayons ardents flétrissent les visages.

Ici, là-bas, ailleurs, des sages sont emprisonnés

Ici, là-bas, ailleurs, des fous sont libérés.

Ici, là-bas, ailleurs, des poètes rêvent.

Ici, là-bas, ailleurs, des reporters crèvent.

Ici, là-bas, ailleurs, des gens écrivent dans leur tête.

Ici, là-bas, ailleurs, des écrits font perdre la tête.

Ici, là-bas, ailleurs, quelques lignes font lever les têtes.

Ici, là-bas, ailleurs, les correcteurs se font précieux.      D.D’O

Ici, là-bas, ailleurs, légère brume sur la mer.

Ici, là-bas, ailleurs, le soleil rayonne sur la plage de Cadaquès.

Ici, là-bas, ailleurs, certains nagent sous nos yeux

Ici, là-bas, ailleurs, nous mangeons de délicieux calamars

Ici, là-bas, ailleurs, il faut rentrer

Ici, là-bas, ailleurs, force est de constater la fin des vacances

Ici, là-bas, ailleurs, cette grisaille est-elle générale

Ici, là-bas, ailleurs, la morosité se généralise

Ici, là-bas, ailleurs, les engagements contestataires se multiplient

Ici, là-bas, ailleurs, une bonne marche pacifique pourrait provoquer des conséquences positives

Ici, là-bas, ailleurs, une bonne marche dans la campagne me sera bien salutaire

Ici, là-bas, ailleurs, enclavement, dégradations, destructions sont dédoublées

Ici, là-bas, ailleurs, nul n’est certain d’échapper à la désespérance

Ici, là-bas, ailleurs, écoutons ce qui se joue dans nos têtes et pas dans la rue

Ici, là-bas, ailleurs, des mouvements alternatifs se créent, résonnent d’une diversité étrange

Ici, là-bas, ailleurs, profitons de ce foisonnement

Ici, là-bas, ailleurs, ouf, fin de la grisaille, le soleil brille à nouveau sur la plage

Ici, là-bas, ailleurs, sortons, lisons, écoutons, retrouvons notre essentiel

Ici, là-bas, ailleurs, « au bonheur des scélérats », tu seras ma révolution.   NICOLE

Ici, là bas, ailleurs, c’est le 1er jour de la 20ème année du 21ème siècle mais ça ne change pas grand-chose.

Ici, là bas, ailleurs, toi, moi, eux, citoyens du monde.

Ici, là bas, ailleurs, des curieux sortent sur la terrasse du bistrot.

Ici, là bas, ailleurs, une ile, des lumières, l’azur.

Ici, là bas, ailleurs, quelqu’un oblique vers le sud et retrouve le calme.

Ici, là bas, ailleurs, les rois sont toujours de ce monde .

Ici, là bas, ailleurs, le jour se lève et éblouit les hommes.

Ici, là bas, ailleurs, les petits tout ensommeillés, prennent le chemin de l’école.

Ici, là bas, ailleurs, je marcherai avec toi.

Ici, là bas, ailleurs, quelqu’un boit le premier coca de sa vie.

Ici, là bas, ailleurs, des oiseaux font leur nid.

Ici, là bas, ailleurs, le ciel est limpide et invite à une certaine légèreté.

Ici, là bas, ailleurs, des  SDF ont froid et faim.

Ici, là bas, ailleurs, des joies et des peines

Ici, là bas, ailleurs le réchauffement climatique s’installe.

Ici, là bas, ailleurs, des enfants rient

Ici, là bas, ailleurs, des gens meurent sous les bombes.

Ici, là bas, ailleurs, des jeunes femmes essaient leur robe de mariée.

Ici, là bas, ailleurs, des personnes comme moi cherchent de l’inspiration pour écrire.

Ici, là bas, ailleurs, il pleut.

Ici, là bas, ailleurs, une magnifique éclipse de lune.

Ici, là bas, ailleurs, des embouteillages exaspèrent les travailleurs.

Ici, là bas, ailleurs, des gens sont en retard au boulot.

Ici, là bas, ailleurs, des chats font leur toilette.

Ici, là bas, ailleurs, des arbres sont coupés

Ici, là bas, ailleurs, la forêt disparaît.

Ici, là bas, ailleurs, le sol est glissant sous la neige.

Ici, là bas, ailleurs, la fatigue se fait sentir.

Ici, là bas, ailleurs, c’est dur de se lever le matin.

Ici, là bas, ailleurs, un artiste peint.

Ici, là bas, ailleurs c’est la Saint Marcelle. CLARYSSE