Documents Cecil Braum

Epitaphe 

Née pour aimer les uns les autres

Tuée par la haine

ou

Vie amour

Mort haine

ou

Mogador

Méga mort

 

Extraits de son journal intime

Jeudi

L’appel de la prière m’oblige à me lever. Je me sens attirée par le ciel. Les goélands fendent l’espace sombre. Ce matin il va falloir que je retrouve la rue où habitait ma mère.

Vendredi

Ce matin je vais au cimetière chrétien. Vais-je retrouver la tombe de maman. Lucette était formelle. Ta mère est enterrée là-bas.

 

Samedi

Chaque jour je sens vraiment le besoin de marcher seule dans Essaouira. Quelle ville surprenante pour une petite française des beaux quartiers. Mon regard à chaque porte s’octroie le droit de regarder à l’intérieur. C’est ainsi que j’imagine le moyen âge sombre, crasseux mais en pleine activité. Je n’ose pas entrer. Il faut être vigilante car les vélos, les carrossas déboulent dans mes jambes. De jeunes hommes trainant la savate marchent sans conviction vers ailleurs. Je me sens prise entre deux sentiments. J’aime le grouillement, la vie de ce quartier mais je ne peux pas me faire à cette misère criante. Un vieil homme couché sur le sol, malade. Personne ne s’arrête. C’est trop ! Je rentre

Dimanche

Le Mellah – Je suis allée à la synagogue. Elle est construite comme les autres maisons. Ici comme ailleurs les pavés sont superbes. Je suis sortie sans appareil photo, quelle sotte ! mais les plus beaux souvenirs ne sont-ils pas ceux qui sont enfouis dans notre tête dans notre cœur. Il faudra qu’un jour j’assiste à une cérémonie juive

Lettres

 

Rouen le 10 septembre 2004

Chère Alice

C’est avec une certaine appréhension que j’attends le jour où « le ciel de mes envies » sortira des cartons. En ce moment le ciel est gris et mes envies sont loin d’ici. Je voudrais, comme à chaque fois fuir… partir quelques jours au Maroc

Toi qui a lu ce fichu ciel, toi qui connais toutes mes envies, mais aussi surtout mes doutes, je compte sur toi samedi à l’armitière. Choukrane

Au fait, es-tu libre le week-end suivant pour aller ramasser des châtaignes et les griller au feu de bois avec moi ?

Bises Tidzi

Paris le 19/09/2004

Ma Tidzi

Je ne viendrai pas te retrouver à l’Armitière … J’y courrai

Je ne peux que te souhaiter que ton « ciel » reçoive un accueil chaleureux des lecteurs

Je te promets que j’en parlerai à tout le bahut… cela fera une bonne petite pub pour toi. Soyons pragmatiques, il est beau d’écrire mais il faut aussi manger. Et puisque l’on parle de manger, j’accepte ton invitation au week-end châtaignes

Ton amie pour la vie, aussi courte ou longue soit-elle

Alice