Exaltation d’un corps flou

Entraperçu au détour d’un couloir,

A peine le seuil franchi,

Le corps de la belle apparaît,

Lumineux et pourtant flou,

Se dévoilant aux caprices du clair-obscur.

Entourés d’un halo bleu.

Une chevelure blonde,

Un visage empreint de sommeil

Un doux sourire.

Comme un rêve, comme un songe,

Ou, qui sait, comme un mensonge.

Un sein offert, rose et lisse,

Émergeant des murs écaillés.

Dans la soupente aux gravats éparpillés

Révélé par une légère lumière

Étranger aux cruautés du temps

Ce temps qui brise, éclate, divise,

Et trace ses ombres noires.

Malgré le cadre hostile,

Ce corps exhale sa beauté

Et son charme a l’attrait

D’une mémoire perdue,

D’un souvenir inattendu,

D’autant plus clément

Au rêveur errant.

 

Dominique Benoist