Le psychédélisme du confinement

Mon état psychique est sûrement provoqué par mon absorption de drogues télévisuelles et il consiste en un débordement délirant de mes idées, à leurs distorsions, je l’espère, de faits ou d’images du réels. Il me semble parfois, aller jusqu’à ressentir des hallucinations psychosensorielles. Est-ce que je gère mal la temporalité et l’immédiateté, je ne sais pas mais, je crains que la pandémie n’ait investi la totalité de mon cerveau, je suis devenu obèse de l’information. Parfois dans ce brouillard informationnel, je vois des étrangetés délirantes, le temps et l’espace semblent fluides, j’ai l’impression d’entrer en contact avec d’autres créatures flottant au désarroi, parmi de gros virus rouges comme mon sang. Vont-elles me vider, m’aspirer? Vais-je devenir à mon tour, l’une de ces silhouettes maléfiques errant à jamais dans les limbes du coronavirus ? Je touche en mon esprit cette charnelle agonie, j’entends comme le bruit de son avidité, dans ma tête, les sons cruels d’une morbide libido résonnent dans une lente élégie. Je ne peux plus reculer les frontières de mon possible, alors je hurle, je crie si fort que les bruits de mes cris me réveillent. Je coupe le téléviseur, j’ouvre la fenêtre et me souviens juste à temps, que je suis toujours confiné.

Olivier de Driadi