Depuis ma fenêtre, les yeux sur mon pommier,

En fin d’après-midi, tristement je m’assieds.

Je lanterne au destin, mon assombrissement,

Dont le tableau m’évoque un bouleversement.

 

Ici, tremblent mes peurs, qui comme les écumes

S’enfoncent dans la mer, dans une opaque brume,

Où la vague gronde, folle et impérieuse.

Elle annonce ses soirs, se sentant furieuse.

 

Derrière mon rideau, me sentant isolé,

Le crépuscule noir s’en vient m’envelopper.

Et le char vaporeux de toutes ces bacilles

Vire, râle, rageant d’une lie nécrophile.

 

Plus vif, que la course des bourrasques sur l’eau,

Qu’un son religieux, qui s’étend en écho,

Mes pensées construisent par cette allégorie,

Un sombre refuge, une léproserie.

 

De crête de vagues au sommet des rouleaux,

De l’est de l’orient, au sombre du couchant,

Je lorgne l’étendue, comme un fol étourneau

Et je crie au tourment, que le malheur m’attend.

 

Que me font ces plages, ces azurs, ces soleils,

Sables fins dont pour moi, le charme s’est enfui ?

Apollons et daphnés, enfants qui s’émerveillent,

Car un seul d’eux en moins, et le trou m’enfouit.

 

Mais peut-être au-delà du roulis virussé,

Trouverais-je la joie, et l’amour et l’espoir,

Dans un monde nouveau dont les vagues perlées

Pourront me délester de tout mon désespoir.

 

Quand par la fenêtre, je vois tomber la feuille,

Et que le vent se lève et l’arrache à ma vue

Je me sens comme elle, rejoindre mon cercueil

Aussi, je l’interpelle, vaguement résolu.

 

Olivier de Driadi