Toi ma chair tu te souviens

 

Toi ma chair tu te souviens que je t’ai habillée, enveloppée, chouchoutée, protégée, rendue chère à mon cœur

Tu es moi et tu es une autre, indépendante, plus libre que moi même

Toi ma chair tu ne te souviens pas que des blessures ni des griffures infligées à ton corps malhabile

Tu te souviens du désir, tu te souviens du plaisir

Toi ma chair tu te souviens des brûlures du soleil, de ses caresses aussi et de la douceur du vent, de la douceur du temps

Toi ma chair tu te souviens de la chaleur du sable et des vagues qui te fouettent et te giflent, t’enveloppent et te noient

Toi ma chair  tu te souviens du passé qui fait mal, que c’est un autre qui fait mal, qui extrait un à un tes organes, celui qui procrée et celui qui te nourrit

et pourtant toi ma chair tu ne te sens pas mutilée

Tu es fière, silencieuse

Toi ma chair tu attends, tu m’obéis souvent et parfois tu te révoltes

Tu gémis, tu crisses et parfois je t’oublie

Tu es ma mémoire, mon enfance  : l’aube d’une nouvelle ère

Le temps recommencé

PASC