Je me souviens

Je me souviens, petite, j’étais petite et déjà ronde,

J’étais bavarde, rieuse, et gaie, en pleine forme.

Je me souviens, petite, le cerveau ne pense pas au corps.

Je me souviens, adolescente, j’étais petite et un peu ronde,

Je me souviens de cette mode des filles filiformes,

Je me souviens à l’adolescence, le regard des autres s’impose,

et le cerveau névrose.

Je me souviens, adulte, toujours petite et encore plus ronde,

Je me souviens, adulte, des regards aimants de l’autre, la vie s’est bien remplie

Et le corps s’est oublié.

Je me souviens, plus tard, toujours petite et bien ronde,

Je me souviens, les douleurs menacent,

et les rides agacent,

et le corps s’est encore alourdi et le cerveau crie,

Move your body…

Tant qu’il est temps… qu’il est temps, tant qu’il est temps encore.

Toi ma chair, tu te souviens des petits bobos dans l’enfance,

Égratignures, chutes et piqûres

rien de grave.

Toi ma chair, tu te souviens des petits bobos de l’ado,

Espoirs, amours et ruptures

pas si grave.

Toi ma chair tu te souviens, des plus gros bobos de l’âge adulte,

Deuils, fêlures et cassures

Bien plus grave.

Mais aussi de tout, on se remet,

Lorsque par tous on est aimé.

Nicole