Ode aux corps sculptés par Camille Claudel

Ô ces corps souples et fermes,

Alanguis, étrangers au monde.

Exaltation de la jeunesse

Ou au moins de la sveltesse.

Les muscles saillent,

Accrochent la lumière.

 

 

Élans partagés des amants

Beaux et courbés comme roseaux dans le vent

 

 

Unis dans le tourbillon

D’une danse éternelle

Tendus dans l’intensité

D’un infini baiser

S’offrant au désir,

S’abandonnant à la passion.

 

 

Élans partagés des amants

Beaux et courbés comme roseaux dans le vent

 

 

Et si survient l’atroce séparation

Toujours le corps cherche l’autre

Se tend comme un arc

Et crie un désespoir silencieux

De sa main déjà vaincue

Pourtant encore amoureuse

 

 

Élans partagés des amants

Beaux et courbés comme roseaux dans le vent

 

 

Corps jamais rassasiés

Consumés de fièvre

Emportés par la passion

Dans une valse érotique

Où Thanatos frôle Eros

En une flamme brûlante.

Dominique Benoist