Ode au corps, ou reflet douloureux de Frida Kahlo  

Nul d’autre qu’elle ne le connait si bien

Jour et nuit au fil du temps

Elle le trahit et le chérit

Dès l’enfance, atrophié elle l’a vu

Son reflet la rappelle à elle

Comme une lyre posée sur ses genoux

La douleur la rappelle à elle,

Traversée dans sa colonne vertébrale

Comme une épée de Damoclès

Elle se relève et se révèle

Telle une déesse sortie d’un long combat

Ce corps maintenu veille mais ne s’éveillera jamais

Elle transcende et en devient si belle

Tel un taureau piqué au vif par un matador

Elle ne sera jamais vaincue par elle

Car cette image ou reflet qu’elle a d’elle

Lui permet de transcender son art

Touchée au plus profond de son corps

Son corps est son exutoire

Même amputée elle ne cesse d’avancer

Tel un pantin désarticulé, rafistolée

Au fil du temps elle en est déjantée

De l’amour à la haine, elle voudra s’en séparer

Mais son image fait corps pour l’éternité

Alors sur un tapis de feuilles, elle s’est reposée

Et du cœur un jour… s’en est allée.

De celui qu’elle a tant observé

Il ne restera que des cendres

Et des traces inestimables sur ses tableaux

Où se reflètent le compagnon de toujours

Son corps, et la douleur de ses entrailles

MThé