Chanson – les corps de Rubens

Trois grâces nues,

Aux corps laiteux et charnus,

Devisent sous l’auvent,

D’un beau jour de printemps.

 

Tactiles elles se caressent,

En admirant leurs fesses,

Leurs seins pleins et en liesse,

Avec une grande tendresse.

 

Leurs regards doux se posent,

Sur chacune bien rose,

Elles dansent une ronde,

Souriantes telles des jocondes.

 

Dans cette petite chanson,

Nous prend-on pour des cons?

 

Ailleurs, moins potelées,

Des femmes plus malmenées,

Sous le poids des habits

Qui les couvrent de leurs plis.

 

Leurs corps, rendus flasques,

Leurs visages portent un masque,

Sous le poids accablant,

De leurs nombreux enfants.

 

Les bébés leur tiraillent,

Les seins jusqu’au entrailles,

En les satisfaisant,

Souriantes au Tout-puissant

 

Dans cette petite chanson,

Nous prend-on pour des cons?

 

Enfin, l’homme apparait,

Costaud, musculeux et bronzé,

Tous bandent leurs biceps,

Etirent leurs gros triceps.

 

Leurs corps en pleine action,

N’ayant pas peur des gnons,

Défient les éléments,

le tonnerre et le vent.

 

Ils poussent, portent et luttent,

Crient et même éructent,

Vigoureux, ils le sont,

Souriants, tels de vrais apollons

 

Dans cette petite chanson,

On nous prend pour des cons

Nicole