Crazy frisco dream tour 

Frisco te bouffe et tu disparais dans un chemin de croix

jusqu’à t’agenouiller et mourir les bras en croix !

pourtant tu avais le choix de prendre plus à droite, la rue au-dessus

juste un pas de côté pour choper le mémorial de Kerouac

et tracer la route à son rythme à lui –

sac à dos et rangers – beat generation à fond dans les oreilles

beat it

crazy frisco dream tour en prime,  maison bleue au bout du chemin

tout en haut de la colline

clé perdue ou jetée,  squatt et cocaïne

enfer sharon tate

 

avalée par les spots lumineux, la drogue et les bars tapis

tu t’es perdue

Ton corps est lourd, lourd

tes oreilles bourdonnent et le Burger King grince

crazy Frisco plein les narines

odeurs de viande, de sauce tomate, et de graillon mêlé

le burger palace a frappé son premier coup – direct droit

et uppercut dans l’estomac

Affalée sur le ring

 

à dégueuler vraiment !

 

Les néons continuent de clignoter, la nuit n’existe pas au pays du blues

Le silence non plus

Ça cogne

Et tu te laisses porter comme une poupée de chiffon – arrêt sur image-

cerveau impuissant

le réalisateur de ce film-épouvante est un fake

Tu le croyais de bon goût, tu lorgnais ses bagouzes

Tu croyais qu’au pays de la maison bleue

il te ferait jouer une partition de star

pauvre gourde

ex sosie d’Elizabeth Taylor is rich

 

c’est bidon, cerveau englué

tes jambes commencent à lâcher

Elvis te donne le la

Elvis « unchained melody »

quel est ce secret derrière la porte ?

double indemnity

Fritz Lang  n’a jamais fait rire personne

et Elvis dans sa tenue de parade blanche et or

ne bouffe plus que des bananes,  comme les singes – à en crever

il transpire comme un bœuf – sa voix s’empâte

la graisse a envahi ses yeux

la maison bleue s’éloigne de ton champ de vision – écroulée

lointaine

 

et tu croyais chanter !

tu te croyais à la Nouvelle-Orléans dans le quartier noir

où le jazz continue de vibrer

pauvre conne !

instruments désaccordés

piano bastringue

“Smile”un autre  néon clignotant t‘appelle…

 

tu rampes,  tu te tords,  tu as mal au bide

feras-tu le chemin en rampant?

Te prendras-tu pour la star déchue de Sunset Boulevard

fausse star, faux spots

descente d’escalier magistrale au royaume d’un Hollywood de carton-pâte

tu vis de fiction

tu bouffes de l’inventé, de l’imaginaire plein les babines

des rêves en toc, des vies de pellicules

24 images à la seconde

et Patty Hearst trop riche

a le syndrome de Stockholm

 

“all you can eat”,  sur ton chemin de croix brisée

balisé de bouffe, tu te reprends

le zen-club, c’est ce qu’il te faut

avec tacos burritos et enchillas à gogo

assurance sur la mort et zen attitude

Tu en as rêvé, tu y es

tu atteins bien le fond au studio Universal

 

C’est la grande bouffe, celle qui te permet un suicide bien lent

à quelques quarters de dollars

Dollars dollars…. avida dollars

Las Vegas, paradis du flouze, des casinos à la Scorsese

T’as pas la classe ma vieille

T’as plus qu’à t’étaler dans le vomi des autres

la crasse et la poussière des poubelles qui dégueulent, trop pleines

Lost highway à Muholland drive

David Lynch en choisira une autre, c’est pas grave

arrête de chialer

toi tu resteras là, étalée  sur l’asphalte chaude et fumante

dans la poussière et les bras en croix !

« soudain l’été dernier…”

 

ton chemin de croix est terminé

Pascale Marchal