Kaléidoscope underground

Les rats sont sur la table et le tapis ne veut pas être sur les rails ; il fait sombre dans cette bousculade et les murs froids font de la musique au dessus de la porte.

Le subway me rappelle quelqu’un que je n’aime plus, pince moi la joue si je mens ; pince mi et pince moi sont dans le métro, pince mi tombe sous les rails, qu’est ce qui reste ?

Qui sont ces sex pistols qui me cherchent des chaussures dans la tête ?

Non, non, mon stylo s’énerve, il faut que je lui enlève sa roue ;

John et Yoko sont dans leur lit, lui a oublié de retirer ses lunettes et elle, ses cheveux ; il fait froid car les draps ne remontent pas jusqu’en haut.

En face de moi, des panneaux publicitaires très colorés, c’est normal, ça brille, ça clignote, ça pue, ça gazouille n’importe comment…ça troue, ça pique, ça perce, ça suinte, la lampe éblouit, le nique sa mère, la mère aime pas ça du tout ; le sexe est une piste après tout et les pistolets n’y sont pour rien dans tout ça.

En tous cas, les moutons n’iront jamais dans le métro, c’est toujours ça de gagné, n’est ce pas ? Monsieur machouilleur, la rivière c’est quand- même mieux, les dessus sont plus agréables que les dessous, enfin moi je dis ça, mais j’en sais rien du tout.

Dans toute cette bousculade, j’en ai perdu mon sang froid ; c’est pour ça que je n’aime pas être en dessous, je manque d’air et l’air c’est important, c’est primordial, c’est vital, la lumière aussi, le soleil, le dessus ; mais mon livre n’est pas obligé d’être d’accord avec moi ; d’ailleurs le plateau doré non plus ; ils sont polis de ne rien dire et de m’écouter ainsi.

Les graffitis se retrouvent sous la fenêtre du sous- sol et semblent ne rien comprendre à toute cette puanteur, ils sont dans tous les sens et la lumière aussi.

C’est un rêve, c’est comme dans un rêve, tout ce qui bouge, comme dans un kaléidoscope illuminé, rien ne semble réel dans ce wagon, dans tout ce charbon noir et laid

Clarysse