œuvre collective.

Le jour où le ciel vire au gris

 

Le jour où le feuillage forme un tapis

Le jour où se calfeutre la lumière du jour

Le jour où disparaît la forêt

Le jour où se confondent les gris

Le jour où s’envole la cigogne,

L’automne s’est installé juste après l’été,

Dans l’attente de l’hiver gelé

 

Le jour où la brume s’évapore, mon amour,

Le jour où nous restons bien au chaud enlacés

Le jour où j’ai pu caresser le bébé que tu m’as fait

Le jour où elles sont allées vers de nouveaux horizons

Brumes de glaces

Le jour où enfin l’automne est arrivé, le ciel

S’est endeuillé, le jardin s’est illuminé

Soupe d’automne

La terre, l’or et le sucre en sont les principaux ingrédients,
La terre, l’or et le sucre, abondamment pour la première, à dose infime pour la seconde, avec parcimonie pour la mielleuse.
La terre, l’or et le sucre, chaleur des couleurs, douceurs des saveurs,
La terre, l’or et le sucre à consommer sans modération !
La terre, l’or et le sucre… oui, mais le vert du houx, les gousses rouges du cynorhodon pour le croquant, c’est utile,
La terre, l’or et le sucre se tirent la bourre, are aux châtaignes,
La terre, l’or et le sucre sont indispensable à cette recette pour en savourer sa profondeur,
La terre, l’or et le sucre : châtaignes, crème et potimarrons sucrés,
La terre, l’or et le sucre et la luxure, la volupté, sans oublier la pointe d’impertinence !
La terre, l’or et le sucre : le miel de l’érable, gourmandise d’automne,
La terre, l’or et le sucre une saveur aux couleurs d’automne ? voir les petits ronds dans la marmite de la sorcière….

A l’octobre, les couleurs agonisent. 

En ce moment, je vis le sublime des flamboyances qui agonisent.

En ce moment, je vis le sublime de la chlorophylle persistante.

En ce moment, je vis le sublime, alliance subtile du coucher de soleil sur le rougeoiement   des érables.

En ce moment, je vis le sublime ; jet d’automne en longues traces jaunes.

En ce moment, je vis le sublime soleil couchant illuminer la cime des arbres jaunissants.

En ce moment, je vis le sublime dans les derniers rayons ardents, qui vers midi, réchauffent nos épaules.

En ce moment, je vis le sublime dans cet arc en ciel de dégradés, aux couleurs vermillon.

En ce moment, je vis le sublime, en épiant l’araignée dans sa toile embrumée.

En ce moment, je vis le sublime, en regardant par la fenêtre, la pluie qui perle.

En ce moment, je vis le sublime du rayon de soleil qui perce enfin, le ciel cotonneux.

En ce moment, je vis le sublime à l’octobre où les couleurs agonisent, rentrant gaiement dans les clairs obscurs des radiations d’hiver.

À ce prix-là, inutile de résister !

À ce prix-là, inutile de résister, elle s’offre à qui s’y perd,

À ce prix-là, inutile de résister, noces d’or, noces d’argent,

À ce prix-là, inutile de résister à l’adieu de l’été, au retour furtif de l’automne pourpre doré,

À ce prix-là, inutile de résister, glissons-nous avec délices sous la couette et l’édredon,

 

À ce prix-là, je vais craquer…

 

À ce prix-là, inutile de résister au désir d’entrer dans la danse tourbillon de lumière,

À ce prix-là, inutile de résister, je m’offrirai ton corps nu dans les feuilles mordorées

À ce prix-là, inutile de résister, je laisse monter les dernières sèves, l’apogée ne saurait tarder,

 

À ce prix-là, je craque !!!

Automne et transition

 

Des vents contraires annoncent un grand changement

Des vents contraires affolent le feuillage qui tremblote à la cime des arbres

Des vents contraires bousculent les feuilles qui tapissent le sol

Des vents contraires m’entraînent loin, très loin, là où le ginko Biloba m’offrira son or

Des vents contraires tirent la couverture pour retarder l’hiver

Des vents contraires s’agitent au fond de moi

Des vents contraires, transitent tant d’émotions

Des vents contraires naîtra l’éveil des sens

Des vents contraires porteurs de grands bonheurs se lèvent

Des vents contraires et orgueilleux repoussent les affres de l’hiver

Des vents contraires surgira l’accalmie de la neige et du temps

COLLECTIFS