Pénombres

Et surtout l’hiver,                                                      Les volets mi-clos,

Quand, par la fenêtre basse,                                      Nonchalant sur l’écritoire,

Luisait la serpette.                                                     Il cherchait ses mots.

 

Là-haut, sur les balles,                                                         Droite sur sa chaise,

Au gré des rais filtrants,                                            Seule, l’aiguille argentée,

Brillaient les fétus.                                                    Disait sa présence.

 

Sagesse filtrée,

L’on vit naître son poème,

L’ombre de l’idée.                                                     D.D’O

 

Persiennes fermées

Le faisceau des phares

Les yeux les suivent

Près de la fenêtre

Cherchant la lumière qui fuit

Une femme reprise

 

Tente sous la lune

Ombre des feuilles sur la toile

– Au cœur du cosmos

 

Jardins d’Alhambra

Chaleur et senteurs d’été

Siestes et pénombre

 

Chambre de bébé

Rideaux tirés et pas lents

Maman attendrie

 

Josette

 

De temps en temps

Les nuages nous reposent

de tant regarder la lune 

Basho

 

Les gouttes de pluie

grésillent sur les braises

Du feu de bois

 

Autour de la lampe

Au rythme des voix et des chants

dansent les moustiques

 

Toute la nuit

Sur un lit d’épines de pin

Sous la lune ronde

 

Rayons du soleil

A travers les persiennes fermées

Les cigales chantent

 

Fin de journée

Les bougies allumées

reposent les yeux

 

Il n’y a rien

entre la lune et nous

Que le cri du hibou

 

La pluie glisse sur les feuilles

La forêt d’automne plonge

Dans la pénombre

 

Soirées d’hiver

Longues nuits réchauffées

seulement par la lune

 

Bendir et flûte

La tête dans les étoiles

Au milieu du désert

Dominique PIERRE