Incendies

Je cogne au mur de mon antre, reclus volontaire comme le prisonnier refusant de sortir, resté trop longtemps enfermé dans les entrailles de la terre – parois de pierres ne pleurez pas sur mon sort, vous me renvoyez à jamais l’écho de ma douleur ! J’ai le cœur qui cogne, saccade un staccato de croches qui craquèle mes colères. Nul regard de braise ne vous rendra votre vertu. Mon hymen s’est déchiré, chuintant à chaud par les pores de ma peau. Et me voici gorgone se gargarisant à gorge déployée de ses doigts gourds qui ne peuvent plus gratter, galvanisant le silence qui m’habite. L’étincelle s’est dissoute, un soleil noir m’entoure de ses rais zébrés, de l’orage il ne reste que la pluie de mes larmes. Comment déplacer les flèches qui me saignent pour les décocher vers d’autres horizons

Pourrai-je encore m’entrouvrir à d’autres souffles, demander non la vie mais le répit, le moratoire, une trêve, une pause, une accalmie, un apaisement. Que se dispersent les images de mes cauchemars ! Que les couleurs lancinantes de mes nuits se confondent en une lumière blanche pour m’aveugler à tout jamais !

Ou peut-être ce ne sera qu’une rémission, un temps de relâche, l’hydre de la vengeance déploiera alors ses tentacules et dans un grand embrasement étanchera ma soif d’en finir et de comprendre.

Josette