Sur les pierres de mon rêve

Les chemins jonchés d’arbres géants amplifient ma peur. Je dois faire un effort sur moi-même.

De l’amertume, la gloire est proche, mon espoir se concrétise dans un acte insensé. Un point rouge me tourmente – est-ce la folie? – juché sur les pierres, écueil de certains empêchements, je le fixe intensément. Cela provoque en moi, un effondrement de la pensée, l’angoisse d’un pareil soupçon était pourtant envisageable.

Dans les ruines des ogives en perspective, je vois maintenant, des moines en bure. Dans cette immensité pierreuse, ils avancent lentement vers moi, un pied devant l’autre. Alors la joie me transcende, j’enfourche un cheval imaginaire.  Les yeux écarquillés, il me transportera jusqu’au lendemain. Lui, c’est celui de feu Monsieur le Tyran, Maistre des lieux, brûlé jadis au bois de ses propres arbres. Le revoir, c’est comme sentir la présence d’une rencontre si importante.

Marcher sur les sentiers de l’écrivain n’est pas ma condamnation, que je sois bon ou méchant. Laisser cette œuvre au tourment des éboulis est synonyme pour moi, d’une soif non étanchée. De nouveau je me sens meurtrier pour l’humanité. Je disparais dans mon carcan, les blancheurs me deviennent grises et puis noires. L’eau se tarit, la lumière est maintenant trouble.

D.D’O