Nostalgie

Les corbeaux agressent l’air à en faire trembler les lianes. L’imagination au pouvoir, c’est le conseil pour vivre que je reçois. Les pierres transformées en pâte à pain brillent au soleil comme la première fois de la rencontre. Des bras ont construit, ont dressé le pont levis. Mon premier mouvement est de glorifier la vieillesse. Je peux les voir se suivre, chevaliers galopant cul à cul comme un dimanche soir sur l’autoroute A13. Et le soir fatal, le dieu est monté à l’Olympe. Moi aussi je me perds et mes pieds endoloris ne me mènent pas à la voiture. C’est l’arrêt fatidique dans un port sans départ. Je grimpe sur le monticule en attendant les honneurs , mon buste sur la stèle tombe en un bruit sourd. A quelle fleur s’abonner pour quelques minutes ? puis choisir le galet pour le ricoché du soir.

Tu es mollusque, homme  de paille tu deviens, sans lueur, sans étincelle, sans voix éclatante. Depuis 68 (1900), sous le pavé, l’eau trouble comme la pensée, vierge de tout passé, mène la cadence. La poutre couverte de lianes s’enfonce dans la terre boueuse. Une soif enragée me réveille.

RMQ