Le poisson – 2

Loin de sa source il va vite. On a même l’impression qu’il s’allonge. D’ailleurs, l’œil glissant sur l’onde vivante et le mollet agissant, j’essaie de suivre sa trace…

Soudain il s’empresse et se faufile de plus en plus vite, je peine. Humiliant le rocher rageur, sûr de lui, il esquive. Je ne cède guère mais désormais je m’essouffle. Un peu plus loin dans son vif élan je le vois toujours, tout à coup il se baisse et passe sous la branche trainante. Diable ! Comment puis-je le rattraper, voire l’attraper, puisque pivotant d’un côté ou de l’autre il m’évite. Allons Daniel, tu as beau te placer aussi d’un côté ou de l’autre du ruisseau en bataille, rien n’y fait, sa rapidité t’affole. Alors, laisse-le s’enfuir, ne t’énerve point, ne t’épuise plus…

Loin de sa source il va vite, on a même l’impression qu’il s’allonge. D’ailleurs, je crois bien que je vais maintenant, las, m’allonger à mon tour…

 

Daniel