L’amazone à terre

Le voyage touchait à sa fin. Après une marche difficile vers le monticule, elle découvrit ce qu’elle cherchait. Tout d’abord une vue imprenable sur la plaine ou seul le clocher arrêtait le regard et cette scène antique retrouvée sur cet étroit plateau. La reproduction de la gravure de son livre d’enfant fondateur prenait vie. Elle était là, plantée, solide, aux aguets . Cette amazone au cheval échappé, veillait sur la tranquillité du lieu. Qu’elle avait dû se battre contre les envahisseurs et là encore, quelle protection elle offrait à ses deux compagnons de pierre!
Guerrière et femme.
Capable de remplacer le bouclier en forme de demi-lune par sa poitrine généreuse. Elle n’avait plus besoin de la lance, de l’arc et des flèches pas plus que de la hache pour imposer la paix et la sérénité.
Il était temps de la quitter : elle amorça donc la descente, rassurée, sa vie serait belle.
Et depuis elle sait qu' »une croix d’un blanc immaculé surmonte le clocher, mais quand il fait clair, il arrive que deux corbeaux se perchent sur sa traverse d’où ils poussent leurs croassements rauques et sombres, comme afin de nous rappeler la nuit éternelle.

RMQ