Clair-obscur – 3

I – Arts plastiques : à partir d’une reproduction de Rembrandt, jouer avec les zones d’ombre et de lumière

 

II – Écriture : noircir progressivement le texte de Nabokov

1 – Au début, la route allait à travers les bois. De superbes nuages, glissant doucement dans le ciel bleu, ne faisaient qu’ajouter à l’éclat et à la vivacité de ce jour d’été. […] les profondeurs de la forêt étaient tachetées de soleil et d’ombre […] Ici et là s’allumait l’émeraude céleste d’une plaque de mousse. Soudain apparut devant eux une énorme charrette de foin.

Textes extraits de Détails d’un coucher de soleil – Nabokov

2 – Au début, la route goudronnée allait à travers le bois de sapins. De superbes cumulus gris grossissant doucement dans le ciel bleu, éteignaient par moment l’éclat et la vivacité de ce jour d’été. Les profondeurs de la forêt étaient de loin en loin tachetées de soleil sous l’ombre bleu foncé des feuillages. Ici et s’allumait puis s’éteignait tout aussitôt l’émeraude céleste d’une plaque de mousse.

Soudain apparut devant eux une énorme charrette dont on ne distinguait pas le contenu.

 

3 – Au début, le goudron noir de la route allait à travers le bois de sapins encore envahi de nuit. D’énormes cumulus d’un gris sombre avaient peu à peu masqué le ciel bleu, éteignant totalement l’éclat et la vivacité de ce jour d’été. Les profondeurs de la forêt n’étaient plus que noirceur. La fureur du tonnerre et des éclairs de chaleur avaient remplacé les joyeuses taches de soleil et d’ombre. Les émeraudes célestes des plaques de mousse s’étaient transformées en meurtrissures grisâtres et informe.

Soudain apparut devant eux la silhouette menaçante d’une énorme charrette.

Danielle Fayet