Clair-obscur – 1

I – Arts plastiques : à partir d’une reproduction de Rembrandt, jouer avec les zones d’ombre et de lumière

  

I – Écriture : noircir progressivement le texte de Nabokov

1 – Au début, la route allait à travers les bois. De superbes nuages, glissant doucement dans le ciel bleu, ne faisaient qu’ajouter à l’éclat et à la vivacité de ce jour d’été. […] les profondeurs de la forêt étaient tachetées de soleil et d’ombre […] Ici et là s’allumait l’émeraude céleste d’une plaque de mousse. Soudain apparut devant eux une énorme charrette de foin.

Textes extraits de Détails d’un coucher de soleil – Nabokov

2 – Au début, la route s’insinuait à travers les bois denses. De gigantesques nuages, grisant doucement dans le ciel bleu, ne faisaient qu’amplifier et la matité et la lenteur de ce jour de fin d’été. Les profondeurs de la forêt n’étaient plus que, très constellées par de rares traits de soleil. Ici et là, se perdait l’émeraude des plaques de mousses. Soudain, ils crurent percevoir devant eux, ce qui semblait être une énorme charrette de foin.

3 – Au début, la route s’insinuait à travers les bois de plus en plus denses. Puis là, la route peu à peu se dépava, laissant apparaître quelques fougères et autres ronciers. D’immenses nuages noirs assombrissant un ciel déjà bien pâle ne faisaient qu’obscurcir la morosité et la lenteur de ses premiers jours d’hiver. Les profondeurs de la forêt étaient devenues ruisselantes, sans la moindre empreinte du soleil, depuis plusieurs semaines. Ici et là, les plaques de mousse jadis émeraudes s’étaient transformées en de glauques îlots brun-kaki, où l’on pouvait encore poser le pied dessus, sans s’enfoncer dans la fange du chemin devenu quasiment impraticable. Soudain, à la faveur de la bise qui s’était largement renforcée, apparut devant eux, sous un entrelacs de branchages déchirés ce qui ressemblait à une charrette. Ils perçurent un faible râle.

D D’O