Anselme Kiefer nous plonge dans un univers intergalactique difficile à appréhender, soit qu’il nous est inconnu, soit que notre inconscient peine à le concevoir tant

l’infiniment petit voisine avec

l’infiniment grand

Les météores ont criblé la croûte terrestre de trous

et de volcans,

imprimant au sol son aspect

lunaire et

une étonnante virginité

Le ciel est assombri et flouté d’un voile

éphémère

Sur l’asphalte repose le cadavre

d’un homme que l’holocauste

et le gaz ont asphyxiés

Autour de lui le vide sidéral : un brouillon parfait des colères folles dont l’humain est capable et qui

anéantit tout sur son passage : la faune et la flore

du moindre coquelicot

à la plus petite coccinelle

Anéanties les eaux dormantes, les mares et les étangs

anéantis les rires et les chants

anéantis la couleur et le givre

La douceur et les rires

anéantis les pleurs

les pulsations

les rythmes des valses

du jazz

et des rocks endiablées

se sont tu les violoncelles lents

les clavecins, les cuivres et les bois

À des années-lumière de cette scène désolante, en hors champ,

résonne un lied de Schubert, c’est le jingle

d’un portable oublié qui

insiste et insiste pour qu’enfin

l’humain se redresse et entende le froufrou des poussières d’étoiles qui frémissent et se cabrent

Seul le monolithe à la mémoire de l’odyssée de l’espace

Une odyssée prométhéenne

dialectique et schizophrène

Dans les trous noirs du monde, des hommes dorment

insoucieux

des méandres

obsessionnels du temps qui balbutie

Pascale