L’art c’est comme…

L’art c’est comme le Gardien du Bar à l’aube avant de lever le rideau.
L’art c’est comme le Baiser à l’aube avant de rentrer calmement chez soi.
L’art c’est comme sans titre à l’aube avant de comprendre.
L’art c’est comme Ophélie bercée par les eaux à l’aube avant de partir à l’heure où blanchit la campagne.
L’art c’est comme les Neiges sur le Mont Fuji à l’aube avant de paraître éternel aux yeux de tous.
L’art c’est comme la vampirette africaine qui m’accompagne partout à chaque déménagement depuis mes 10 ans, à l’aube avant de sourire aux passants.
L’art c’est comme l’Autoportrait au singe à l’aube avant de souffrir quelques heures le martyr mais c’est déjà trop dans l’obligation de son corset.
L’art c’est comme le Petit Joueur de Flûte à l’aube avant de monter les calicots.
L’art c’est comme la Petite danseuse et ses cheveux de crin à l’aube avant de monter à cheval pour disparaître du ballet, des dentelles et des soies.
L’art c’est comme un entrelacs viking à l’aube avant de naviguer la Seine, ses collines, côteaux, forêts et abbayes.
L’art c’est comme le chat d’Oré à l’aube avant de retourner faire la fête dans les rues caennaises.
L’art c’est comme les bulles d’Epidémik à l’aube avant de reculer face au deuil d’Hérouville encore en train de se faire.
L’art c’est comme les joueurs de cartes à l’aube avant de découvrir Amsterdam.

Larchotte

 

L’art c’est comme un tableau de Magritte

dans le désir et l’attente du surprenant, du décalé, de la mise en abyme et d’un certain surréalisme à la Dali

L’art c’est comme un tableau Edward Hopper avec des femmes qui attendent la nuit dans des bars design ou dans des hôtels anonymes

dans le désir et l’attente d’un homme qui ne viendra pas

À la place, elle partira dans l’imagination d’un livre ou d’un océan qui remplit tout l’espace.

L’art c’est comme une œuvre de Basquiat qui explose de jaune et d’intelligence

dans le désir et l’attente d’une oursonate sonore de Kurt Schwitters

L’art c’est comme un ready-made à la Duchamp avec une mariée et ses célibataires mêmes

dans le désir et l’attente de Kiki de Montparnasse photographiée par Man Ray

L’art c’est comme une œuvre dadaïste

dans le désir et l’attente d’un poète qui saurait traduire en mots les œuvres, comme le ferait un André Breton dans Nadja ou bien un Apollinaire dans Alcools

L’art c’est comme un tableau érotique de Courbet, de deux femmes belles et qui s’aiment,  comme son irlandaise, rousse et pulpeuse

dans le désir et l’attente de la jouissance et de la révolution

L’art c’est comme ce tableau de Knopff d’une femme majestueuse, d’une beauté absolue, droite et fière et dont le corps est celui d’un tigre du Bengale qui feule

dans le désir et l’attente d’être déchirée à belles dents par un autre tigre ou animal féroce, sauvage et qui maculerait sa fourrure de sang

L’art c’est comme un tableau de souffrance de Frida Kahlo

dans le désir et l’attente du sang qui se déverse à flot et le désir et l’attente de Diego Ribera

L’art c’est comme un dessin de Modigliani

dans le désir et l’attente d’un homme sculpté façon étrusque,

un homme debout et qui marche vers son destin, vers le futur, d’un futur qui a commencé dès les temps préhistoriques, sculpté par des mains

négatives à la lumière de maladroites lampes à huile en terre cuite

Pascale

 

L’art c’est comme « le carré blanc sur fond blanc » de  Malévitch , sur le seuil enneigé d’une année qui commence

L’art c’est comme « le cavalier bleu  » de  Kandinski sur le seuil d’une longue nuit d’eté qui s’achève

L’art c’est comme « l’atelier rouge » de  Matisse sur le seuil d’un manoir en flammes

L’art c’est comme « le rêve  » de Picasso sur le seuil d’une chambre assombrie par le deuil

L’art c’est comme « le jardin gobe avions « de Max Ernst sur le seuil d’un grand parc laissé à l’abandon

L’art c’est comme « le crieur dans le marais  » de Paul Klee au seuil d’une pisciculture improbable

L’art c’est comme  » les gardiens du secret  » de  Pollock , sur le seuil d’un monde ou la beauté domine

Cléo

 

L’art, c’est comme « la mort de Marat » de David, dans l’œil de la Révolution stupéfaite des lendemains qui s’éternisent.

L’art c’est comme « la chambre » de Van Gogh, dans l’œil des misères lasses et javellisées au bleu de Marseille.

L’art, c’est comme les autoportraits de Frida Kalho dans l’œil du ventre qui se tord-boyaute en cervelle sanguinolente.

L’art c’est comme « l’angélus » de Millet dans l’œil des dépressions célestes augurant des famines paysannes.

L’art, c’est comme « la Joconde » de De Vinci dans l’œil du satyre quand elle fait sa petite jeune fille prude et réservée.

Philippe Clément

 

L’art c’est comme le cadre du tableau à travers les jardins minuscules du givre

L’art c’est comme un sans titre à travers les jardins exotiques

L’art c’est comme le portrait d’un jeune garçon de Picasso à travers les jardins de son atelier

L’art c’est comme cette Vierge à l’enfant toujours étonnante de beauté quel qu’en soit l’auteur à travers les jardins de Toscane

L’art c’est comme La liberté guidant le peuple de Delacroix à travers les jardins de tous les mondes spoliés

L’art c’est comme une petite danseuse de Degas à travers les jardins parcourus par ses petits-enfants qui ne sauront jamais qu’elle a dansé

L’art c’est comme un peintre canadien du groupe des Sept à travers les jardins-d’avant-les-jardins au grand Nord

L’art c’est comme Rigolette cherchant à se distraire de Joseph Court, qu’on a toujours prise pour le portrait de Madame Bovary, à travers les jardins rouennais

L’art c’est comme Le baiser de Rodin à travers les jardins du désir

L’art c’est comme Le trois-mâts dans la tempête d’Ambroise-Louis Garneray à travers les jardins du bord de mer de Victor Hugo à Guernesey

L’art c’est comme Les toits bleus de Gauguin à travers les jardins de ce tableau qui sont ceux de mon enfance

L’art c’est comme Le jardin des délices de Jérôme Bosch à travers les jardins de tous les âges

Marie-Hélène Lemoine