Waste land – Notes et fragments – 5

 

RECUEIL : Poussières d’Étoiles

N°1 – SOUVENIR DE TON OMBRE LE MATIN ET LE SOIR

La cloche sonne de l’église Ste Marie et pourtant il n’y a plus de montagne. Elle s’est écroulée sans aucun bruit en amas et rocailleux débris. Seul, l’enfant tourne autour en sautillant et ramasse des poignées de poussière qu’il fait glisser dans ses mains comme un magicien. Le silence règne mais j’entends comme un bruit d’eau. Celui de la source, de cette petite ville qui me rappelle Toi. Toi mes racines, mon arche de Noé. Je me souviens de ton regard posé sur moi sous le portique où je me balançais en toute liberté pour dépasser cette maison remplie de poupées qui dormaient. Là où la nuit, les fantômes apparaissent où tant de gens circulent comme des ombres chinoises, dans cet espace où le temps s’arrête au rythme de l’horoscope qu’il soit chinois ou pas

Prudence, car aujourd’hui grâce à toi le soleil tape et résonne dans mon cœur même si le désir de te revoir est vain. Il me reste tellement de souvenances ou de souvenirs qu’un livre n’y suffirait pas

C’est pourquoi je ramasse les feuilles qui sont tombées. Les cartes de mon Tarot me disent que le chiffre neuf ferme et ouvre le chemin sur une autre carte s’invente à devenir chanteur ou, musicien ou artiste

  

N° 2 – LE SILENCE DE L’EAU

Un jour, l’eau de la source se mit à parler : Silence ! Enfin… J’écoute ! C’est donc cela le silence de l’eau ? Le silence de l’éternité ? Quel tonnerre ! le silence et l’eau ne peuvent s’entendre ? Pourquoi ?

Parce que tant que la source coule, on entend le bruit de l’éternité !

Ah bon !

Oui, car celle-ci surgit à l’origine de la vie !

En effet, je vais vous raconter une histoire qui m’a été contée sur l’ARCHE DE NOE lorsque j’étais enfant.

Un jour, un homme à la recherche du silence partit dans le Sahara à dos d’âne. Une très longue marche pendant des miles, et une nuit. Terrassé par le soleil qui tape à grand bruit et malgré la douceur de l’ombre de la nuit, il souhaitait voir cette oasis dont il rêvait. Entrainé par le désir de vivre, acceptant que celle-ci ne lui appartienne pas, il décida de continuer son chemin jusqu’à ce qu’il trouve ce Havre de paix. Là ! enfin ! épuisé ! posant ses bagages, il reprit vie grâce à l’eau de la source qui coulait sans bruit. Puis, rassasié de cette eau au goût amer, se disant que la vie ne tient qu’à un fil d’eau…Il releva la tête et aperçut un olivier dont les feuilles s’égouttaient dans la source. C’est certainement ce qui explique son pouvoir magique, car il suffit d’en boire un peu pour sécher ou remplir ses larmes…

Tout près de là un refuge et un abri d’âne lui permirent de se reposer pour repartir au beau matin rempli du bonheur de l’eau…écoutant son silence. Puis, pressé de pouvoir en parler à sa colombe qui l’attendait au coin du « fire maman ».

Un soir d’automne, lui racontant son voyage, il lui dit : « Voilà pourquoi on ne peut se séparer sans faire de bruit : on peut le faire dans le silence car l’eau des larmes remonte de la source de la vie. Le pouvoir de l’eau c’est son silence ! le pouvoir du silence c’est l’eau ! …mais pas sans le bruit…Au Cœur de la Source !

Marithé