Waste land – Notes et fragments – 4

1. La mort vorace

Tu crois pouvoir y échapper

Par ce que tu racontes, ou te fais raconter.

Ton hypocrisie veut surpasser ta mémoire

Pourtant ils sont bien là, ces millions de ciboires

Pourtant je pense que tu commémores

Car tu sais que, derrière le chrysanthème, il y a la Mort !

Alors tu rêves de chiromancie

Surtout au printemps, en avril où t’en fais pharmacie

Mais les cartes vides te renvoient à l’effroi

Car c’est dans la poussière que sont plantés tubercules et émois

Mais c’est également dans celle-ci, que l’on trouve les racines

Des bois morts et des prières divines

Et si l’été chasse tes nostalgies

Couvent au fond de toi de si nombreuses névralgies

Tu crois toujours y échapper et ne pas les rejoindre

Mais les bribes de ta mémoire font l’huile pour les oindre

La mort est vorace

 

2. Un pays sans carte.

Il était une fois, un pays sans carte, mais bicéphale, peuplé de roses en pétales enchanteurs et de chrysanthèmes aux boules éphémères.

Racines, que l’on cherche, émoi automnal, perte de la vie, ou bien son contraire.

Plus rien, pour la mort, mais tout, pour un émoi, un printemps, même en hiver. En ce pays la mort y était égarée.

Ne mettez plus de fleurs de circonstance dans nos cimetières, aurait dit la diseuse de bonne aventure. Au contraire, mettez-y des roses, et projetez-vous. Quel sera votre avenir ?

La chiromancienne y lisait toutefois, un destin incertain. D’un seul coup, elle tirait la carte vide. Certes, les chrysanthèmes étaient jaunes, mordorées de soleil, Mais au milieu, un bébé y était né.

Que fera-t-il de son destin, en ce pays sans carte ?

D.D’O