Fragments d’automne – 1

Journée contre les violences faites aux femmes

Citrouille

Étendue dans son palanquin Fée De La Lune somnole : sans doute la soupe à la citrouille dégustée au deuxième repas lui pèse-t-elle un peu sur l’estomac : elle regrette sa gourmandise. Dans sa robe de soie bleue comme une orange la courtisane est belle, mais après tout ce n’est qu’une danseuse professionnelle. Un corps de proportions aussi parfaites n’est jamais qu’un instrument de plaisir ordinaire.

Galet

Ses porteurs cheminent dans le désert vers le Pavillon de la Grève où l’attend son client. Les grains de sable fin ont fait place à des cailloux ronds comme des petits pois qui roulent sous les pieds, rendant la marche plus difficile. L’allure témoigne peu à peu d’une lourdeur grandissante. Un bref arrêt est décidé au milieu d’un espace parsemé de gros galets blanc veiné de céladon. Puis le convoi repart.

Souche

Arrivé au Pavillon de la Grève le chef des sbires soulève le rideau du palanquin. Il n’aura bientôt plus de travail : Fée De La Lune git là, inanimée. Comment cela a-t-il pu arriver ?

La solitude lui pesait, ainsi que son métier, mais mourir si jeune ! Il faut taper longtemps sur une femme avant qu’elle devienne raisonnable…

 

Deux générations de passionnés des échecs ont pâli sur la souche de ce problème sans que personne en découvrit la solution.

 D’après « Meurtre sur un bateau de fleurs » de Robert Van Gulik

Dominique