Waste land – Notes et fragments – 2

 

  1. Il y aura tant de gens

Tous ceux qui l’avaient apprécié, à présent pincés de tristesse. D’au-delà de l’agglomération, les gens viendront nombreux, au rythme des notes égrenées, des foules de notes, des foules qui tournent en rond devant l’évidence : il est parti. Malade, il est parti : dans un corps, quelles sont les racines qui grippent ?

La musique sera là, forcément. Elle l’a porté jusqu’au dernier instant, ombre le soir surgi à sa rencontre, Dame des passes critiques, entre souvenances et désirs.

Il y avait tant de gens

Tous ceux qu’il avait côtoyés dans le canton, sans vraiment le comprendre. Mais se comprenait-il lui-même : sûrement pas, englué dans le flot de sa logique et des idées contradictoires. Ces foules d’idées, ces foules qui tournent en rond. Dans une vie, quelles sont les racines qui grippent ?

Tu te retrouves ensuite à la fin du jour, accolé à une tache grise, ton ombre le soir surgie à ta rencontre : c’est la Dame des passes critiques.

Après la tombe grise perchée à mi-pente du cimetière montagnard, nous causâmes entre souvenances et désirs.

Des mois après, ce cadavre va-t-il fleurir cette année ?

 

2.  Il y aurait tant de gens*

Tristesse, ou venus par solidarité,

Peut-être par remords ou culpabilité,

Qu’importe ! Fou ou foule, ressenti ou colère,

Qui pourrait y poser mille fleurs éternelles ?

C’est cette folle envie de prendre ou de jeter,

Passage difficile, situation de danger,

Qui exaltent en nos cœurs la douleur si amère

Et la séparation : elles paraissent cruelles.

 

Cependant notre corps, à qui appartient-il ?

L’incertitude nourrit cet impossible exil.

 

Un oiseau s’époumone dessus ta tombe grise,

Ralliant la musique des quelques chérubins

Qui t’ont accompagné jusqu’à la vieille église :

Le paradis des anges n’est jamais qu’un refrain.

Le vrai côtoiement libre du corps et de l’esprit

Fait-il le jeu de l’Âme, illusion de la Vie ?

 

Quand le moment venu dans le vieux cimetière,

Les forçats de la Terre exhument les cadavres

Pour les conduire enfin vers un ultime havre,

La Nature est passée, ne reste que poussière.

Dominique

*Essai de 20 alexandrins en pastiche modeste de plus grand auteur