Épuisements du lieu

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tableau collectif

– Ça y est ! C’est lui… le voilà… Enfin ! Je suis sûre que c’est lui… Yvon, Yvon…

Elle dégringole l’escalier de bois, les jumelles à la main.

– C’est lui. Regarde la coque rose, avec le bord bleu…

– Mais maman… Tu sais bien, ce n’est pas possible. On a retrouvé les débris du « Petit Pont » aux Marquises le mois dernier.

Elle pleure.

 

De l’autre côté de la baie, la lande. Une terre brunâtre, inculte, où le vent se déchaîne en soulevant des tourbillons de poussière. Au coucher du soleil, des replis bleu sombre se creusent. Qui peut bien encore vivre là ?

 

Quand elle traverse la baie sur sa barque, elle regarde toujours vers l’ouest. C’est par là seulement que les rayons du soleil éclairent les pauvres maisons de pêcheurs sur la plage. « Un jour, je partirai… C’est par là qu’il reviendra me chercher ».

 

C’est le moment de la journée que le vieux Nils préfère, quand le soleil est descendu sous l’épaisse couche de nuages noirs. Le ciel en est jaune, lumineux, à la fois incandescent et glacial. Nils plisse les yeux, ébloui par la réverbération sur la mer. C’est l’heure des mirages à l’horizon… Le voilier de Yan… les chalutiers pétaradant, annoncés par leurs fumées… Il soupire, tâtonne sur la couverture à la recherche de la télécommande.

 

Patiemment, la mer revient.

Entêtée, elle avance sa dentelle d’écume, elle noie peu à peu les flaques, fait valser doucement le varech.

La voilà qui lèche les roches de basalte noir, elle en pénètre les interstices, les fait chuinter, puis semble se retirer, mais c’est pour mieux revenir en clapotant, avec une plus grande assurance. Sous l’eau, les pierres semblent danser, mais c’est pure illusion : c’est la nuit des temps qui les a posées là.

 

Il passe le plus clair de son temps là-haut dans la guérite peinte en rouge bâtie sur l’amoncellement de rochers à l’entrée de la baie.

C’est son refuge.

Le chemin pour y arriver est très escarpé. On raconte que, parfois, il en descelle les pierres pour le rendre encore plus malaisé.

 

Elle aime se laisser porter par le flot montant dans la baie. Elle dit qu’ici, c’est le royaume des eaux et qu’elle en est la seule souveraine. Elle seule connaît les courants, les bancs de sable, les couloirs de passage des oiseaux migrateurs. Elle lit dans le ciel l’arrivée des premiers grands froids, les signes annonciateurs des tempêtes de neige et prédit sans se tromper le redoux et la fonte des glaces.

Plus tard, quand il aura grandi, elle emmènera son petit dans sa barque à fond plat et elle lui enseignera tous ses secrets.

 

Dans le sable, les enfants ont tracé des lignes avec leurs doigts écartés. La mer remonte de loin et s’applique à tout effacer. Elle règne sur l’estran.

 

Je guette le coin de ciel bleu, puis je cherche son reflet sur la mer.

Danielle Fayet

  • Mes premiers souvenirs de l’eau sont des rochers que mes pieds nus effleurent avec prudence. Ça pique à cause des coquillages, ça glisse aussi. Les couleurs chatoyantes des algues m’enchantent. Penchée au-dessus d’une petite mare d’eau salée au creux d’un rocher, j’observe la vie de la mer en miniature. L’anémone est timide, quand je la touche c’est visqueux flasque et mou, l’algue verte est plus belle elle ondoie légèrement. Le clapotis de l’eau m’amuse énormément.
  • « cap au 45 mon gars ! Tu as un vent de travers à 130° ». Le voilier file vers le large, la grande voile est hissée. Il faut sortir de la passe en prenant bien à bâbord l’amas de rochers noirs. La mer est houleuse, elle écume et s’écrase sur les blocs de granit. Sur la crête des vagues le danger guette en hauts fonds malveillants. Le voilier file. Les embruns de la passe voilent la vue du capitaine à la barre, ses narines frémissent à l’air iodé qu’il respire à pleins poumons. Il file vers l’horizon blanc
  • L’eau joue au miroir sur la plage d’un soir d’été. Plus un bruit ne perturbe l’équilibre de la ligne d’horizon. Le ciel est chargé de rayures étirées du gris au bleu et même rose, couleurs mirées comme une empreinte sur la mer étale. Soudain la pluie, un clapotis sur l’eau qui se ride et s’anime au fond sur l’horizon un rideau qui se déchire et dégouline
  • Reflets scintillants de l’eau

Miroitements

L’eau est coquine, elle joue

Avec la lumière

Nous fait voir du bleu

Du vert, du noir même

Capricieuse, tumultueuse

Elle est douceur, elle est douleur

Quand elle ne joue plus

  • Il fait un vent à décorner les bœufs

Un vent de bord de mer comme

Souvent en Bretagne aux

Grandes marées

Le ciel est chargé, noir de plomb

La pluie tambourine sur les carreaux

Presque à la verticale

Au loin vers le large

On aperçoit le rocher du bossu

Dos au vent comme une vieille bretonne

Au parapluie retourné

Annie

  • Après le jour

C’était le soir. Le soleil venait de disparaître de l’horizon, laissant place à une lumière crépusculaire scintillante venant mourir dans les eaux calmes et profondes de cette étendue d’eau qui semblait ne plus jamais finir

Seule, une brise insensible mais néanmoins bien présente semblait troubler la quiétude du lieu

  • Sous marine

Les flots aux teintes bleutées miroitantes ondulent à la surface de l’eau claire et transparente dans un mouvement incessant et caressant et nous invite à les pénétrer

C’est alors que, n’écoutant plus que nos sens en éveil, nous nous glissons dans cette pureté virginale ondulante ressentant instantanément une chaleur bienfaisante sur nos peaux

Cécile


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