Dialogues improbables

-Pourquoi mon père était-il malade ?

-Et pourquoi voulait-il que je le supprime ?

-Peut-être parce que son existence était dans une impasse ?

-Mais pourquoi demander des explications ?

-De toute façon, il n’avait pas l’habitude de faire des déclarations et je veux rester fidèle à l’original. Du coup, comment vais-je réduire mon champ d’admiration ? Je me rappelle qu’il me disait…

-Que fait cette carte sur ton bureau ? Où as-tu eu ce dessin de Reiser ?

-Prends ton stylo et mets-toi au travail

-Pourquoi aimait-il donc tant l’argent ? Et pourquoi s’obstinait-il à croire des choses aussi tordues ?

-On sait qu’elles ne prévoient que des catastrophes économiques… A moins que ce ne soit parce que dans la besace de son grand-père il entendait tinter les pièces ou parce qu’il voyait les canards au bord de l’eau fouiller avec des claquements de bec.

(Le téléphone sonne)

 Je lève mon verre et le vide d’un trait

En sautant de mon lit

(Une voix me dit)

-Vous avez un message madame X

-Comment savez-vous mon nom ?

(C’est l’hôpital. Ils m’annoncent la nouvelle)

-Comment a-t-il voulu mettre fin à ses jours ?

(Je vais le voir puis Je repars chez moi)

-Pourquoi ai-je pleuré dans l’ascenseur ?

-Parce que c’était la première fois que tu réalisais à quel point ton père t’aimait

-En lui prenant sa bague j’ai été prise de frissons

Andrée

Pierre – Paul, vous avez un message.

Paul – Mais, que fait cette carte sur mon bureau ?

Pierre – Et pourquoi me demandez-vous ces explications ?

Paul – D’ailleurs comment savez-vous mon nom, et pourquoi vous obstinez-vous à croire ces choses tordues ?

Pierre – Parce que, semble-t-il, vous n’avez pas l’habitude de faire des déclarations, en sautant de votre lit.

Paul – D’après le message, il est prévu des catastrophes économiques. Aussi, prenez votre stylo et mettez-vous au travail, sans pour autant nous faire un dessin de Reiser, s’il-vous-plaît.

Pierre – Mais pourquoi aime-t-il tant l’argent, jusqu’au point de lui prendre sa bague !

Paul – J’en ai des frissons, car dans la besace de mon arrière-grand-père, on n’entend plus la télé-pièce, si bien qu’auprès de lui, mon existence est dans une impasse, ‘à en pleurer dans l’ascenseur’.

Pierre (levant son verre et le vidant d’un trait) – Oh la la, parce que les canards au bord de l’eau fouillent avec des claquements de bec, vous voudriez que je mette fin à vos jours. Vous ne voulez pas en plus, que je vous supprime, tout de même !

Paul – Pourquoi, en suis-je malade ?

Pierre – Alors !

Paul – Parce que je réalise, pour la première fois, à quel point mon père m’aimait et que pour aller mieux, alors que je n’étais qu’obnubiler par les conséquences de la crise économique, il me faut réduire désormais mon champ d’admiration pour mon père.

 

D.D’O


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