La tempête – 2

LE MIGRANT

Le soir il aime rester dans son coin de jardin favori. Cette nuit-là, la lune est sombre et les étoiles éteintes. Tourmenté l’homme n’arrive pas à dormir. Assis dans son petit fauteuil d’osier il a le regard tourné vers la mer qu’il devine en contrebas. Il somnole dans un état de semi-inconscience.

Un grondement au loin secoue la mer et le sort de sa torpeur. Le vent se lève. Les vagues écumantes s’agitent, se creusent et il distingue leurs crêtes blanches dansant dans le noir comme des fantômes. Des souvenirs sombres traversent son esprit et lui glacent le sang. Il voudrait s’endormir, oublier mais le cauchemar revient, la peur d’être noyé, l’eau qui envahit tout.

Les éléments se déchaînent. Il fait de plus en plus sombre. Le fracas des vagues et du vent le font frissonner. Il essaie de chasser ses idées noires, d’oublier son passé, de penser au futur malgré la solitude !

Les coups de tonnerre répétés, toujours plus violents réveillent ses démons. Il ne sait plus s’il est dans son cauchemar ou dans la réalité. Un tourbillon de vent aspire les vagues qui s’écrasent sur le rivage avec un fracas assourdissant. Vont-elles engloutir les habitations, les habitants comme elles ont englouti toute sa famille lorsqu’ils ont traversé la méditerranée ?

Dominique. P

Le temps était devenu sombre comme une insomnie que la lumière du jour n’avait pas réussi à interrompre. Rêver n’avait plus cours.

L’effet d’optique de ses sentiments le faisait sombrer à chaque respiration. La foule le mettait en déroute, l’écartant de la ligne qu’il s’était donné de suivre, tentant d’aller de A à B

Lorsqu’il l’avait croisé, son chemin s’était empli d’effroi. Lui qui cherchait à se sentir vivant  fut pris par le flot de cette sève verticale, telle une projection de saveur à réaliser. Rapidement de cette promesse tout était noir, empli de peur, sans que rien de bon ne semble pouvoir advenir. Toute prise ferme était devenue fluide, le laissant flotter, menacé d’une absence de rage

La furie recouvrait le calme, prête à tout détruire

La furie de cette sève emplissait de saveur la foule de ses sentiments. L’insomnie de ses peurs avait laissé place au flot d’une projection à réaliser

Il se sentait sombrer dans un fluide vertical fait de rêves. Lui, vivant, sur son chemin, loin de l’effroi. Le noir avait détruit le sombre et ouvert une ligne d’optiques croisées. Il nageait dans la déroute calme où tout semblait enfin flotter

Le chemin finissait au bord des flots. A part faire demi-tour, rien ne pouvait advenir. La sève ? En restait-il assez ? Restait-il quelque destin à croiser ? Les fluides s’agitaient, menaçant de déroute la nage calme qui avait été jusque-là sa vie

Sombre, le ciel au loin ? Non ! Plutôt l’effroi de cette ligne d’horizon et l’absence de furie. Il aurait pu se sentir vivant, Lui, si cette masse noire dans ses profondeurs avait pu constituer une menace. Mais c’est au fond de lui que grondaient les sentiments de peur et la saveur des insomnies

Rêver ? Sombrer ? Il descendait à la verticale. L’optique d’une foule d’idées à réaliser aurait pu l’aider à se projeter. Mais il flottait dans le noir d’une destruction imminente

Marianna


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