Le grand froid

La nuit fut froide et des plus longues dans le chalet. Ce soir-là, la lumière fut coupée. On commençait à peler de froid, malgré un feu orphelin de bois qui agonisait dans la cheminée. Le sommeil se faisait sentir, mais on n’osait pas s’enfermer seul, chacun dans sa chambre : cette obscurité, secouée par les rafales d’un vent violent, causait une frayeur intense et provoquait des images de néant, de fin du monde.

On ne pouvait s’empêcher de penser à tous ces explorateurs perdus dans le Grand Nord, qui avaient fait preuve de résistance face à l’inhumanité de la situation. Dans le meilleur des cas, ces forces de la nature exacerbent le courage, mais dans la pire des situations, elles conduisent au cannibalisme. On ne pouvait s’empêcher de chercher « qui , qui, qui parmi nous serait mangé » comme dans la chanson du Petit Navire. Heureusement, nous n’étions pas loin de la civilisation, mais de telles épreuves révèlent la fragilité de l’être humain.

Pourquoi  la montagne exerce-t-elle une si grande fascination sur l’homme qu’il n’hésite pas à mettre sa vie en  jeu, malgré tous les dangers qu’il sait devoir affronter pour la vaincre ? Peut-être, justement, pour se révéler totalement à lui-même dans des circonstances extrêmes : aller au bout du monde pour aller au bout de soi-même

Andrée

Le soir venant, le temps se déchaîna encore plus, le gel s‘immisça à travers les vêtements pourtant épais et chauds ; il était tellement transi de froid qu’il se laissa gagner  par les tremblements dans l’espoir de se réchauffer

Les arbres étaient givrés. La mare recouverte de glace et les enfants s’amusaient. Il avait les pieds gelés. La terre aussi était gelée mais il avait les pieds au sec. L’herbe était figée. Les mains raidies par le froid. L’huile était figée. La toiture blanche. Les véhicules fumaient. Les cheminées fumaient. Les poireaux dans le jardin étaient gelés.

Soudain une panne d’électricité. On sortit la lampe à pétrole et les bougies. C’était tout triste ! Tout était éteint, la télé, la radio, les lumières du village, tout. Il faisait noir et il n’y avait aucun bruit, aucune lumière. Il était tellement transi de froid qu’il se blottit dans des balles de foin et s’endormit. Quand on le trouva on lui apporta un bol de soupe bien chaude pour le réchauffer.

Thérèse

Si près du sommet.

Le soir était tombé, le temps se déchaîna encore plus, la glace s’immisça à travers mes vêtements pourtant épais et chauds, spécialement adaptés aux grands froids; j’étais tellement transi que je laissais aller mon tremblement dans l’espoir de me réchauffer.

Le manque d’oxygène était devenu  asphyxiant. Je ne sentais plus mes pieds gelés. Voilà deux jours que j’avais dévissé, une épaule démise. J’étais coincé au fond d’une crevasse  aux parois trop verticales pour pouvoir remonter seul. Je n’étais encore probablement qu’à 1000m du sommet de l’Annapurna. Ma fureur d’avoir échoué si près du sommet s’était estompée très vite, pour être remplacée par de profonds moments de solitude. Il ne fallait pas que je m’endorme. Je devais absolument pousser mon cerveau à travailler. A défaut de ma liberté de mouvements, je devais réfléchir. Mais, je ne sais pas si c’était dû au choc ou à l’hypothermie, je n’arrivais pas à structurer ma pensée. Je pensais blanc, froid, blanc, froid, mort. Dans une forme de délire, je me propulsais chez moi à Manhattan, l’hiver dernier, des intempéries comme on en voit tous les dix ans, Blizzard et neige depuis deux mois, plus d’un mètre dans les rues, deux mètres au moins sur les voitures, les toits.  Chaque jour, on retrouvait des corps de clochards endormis pour toujours. Il ne fallait pas que je m’endorme. Avec un peu de chance, un hélicoptère! Je divaguais… Pour maman, cette période de grand froid serait terrible, elle ne pourrait plus sortir de chez elle, un membre cassé à son âge serait mortel.

La nuit était complètement tombée . Je ne savais plus si j’avais vraiment froid. Mes paupières étaient lourdes. Il ne fallait pas que je m’endorme…

D.D’O

Et là sur Buchy le temps était calme et glacial, le froid nous piquait légèrement les joues, les arbres étaient remplis de neige, la glace au dessus des flaques d’eau, le givre sur le pare-brise de la voiture et le verglas sur les routes. Les stalactites tombaient sous les gouttières de la maison. Un vent glacial soufflait. Le grand froid et la neige nous empêchaient de sortir de la maison.

Nous avons eu une coupure d’électricité à cause du poids du givre. Nous avons été obligés d’allumer la cuisinière à bois pour faire le repas. Après nous sommes allés sur le canapé pour nous réchauffer sous les couvertures.

Et là, j’ai espéré très fort que ce grand froid ne dure pas trop longtemps

Michèle


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