La complainte du Terre-Neuva

Mer sauvage, mer traîtresse,

Combien des nôtres as-tu avalé déjà ?

Des gars vaillants qui partaient

Pour donner un peu de vie à leur famille,

Et prolonger encore et encore une existence misérable .

Est-ce qu’aujourd’hui mon tour est venu ?

Le doris roule et tangue,

La ligne pèse, chargée de trop de poissons,

Et je n’ai même pas la force de la remonter.

Le brouillard est tombé comme un linceul de mort,

Il nous a éloignés du bateau, mon équipier et moi.

J’essaie d’entendre la cloche,

Mais je ne perçois que le discours des goélands

Qui se disputent la prise que nous ne pourrons pas ramener.

Où es-tu ma terre maternelle, Normandie de Fécamp, Bretagne de Paimpol ?

L’image de la Vierge collée sur ma chemise,

Est tombée au fond du canot.

Va-t-elle, elle aussi, m’abandonner ?

J’entends s’estomper le discours des goélands,

C’est dit, nous dérivons vers le large,

Et mon destin se terminera sans doute ici.

Andrée


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