Brouillard

Happé par une nappe de brouillard, le cerveau embrumé par les volutes du tabac, je me retrouvais là, au bord de la rivière, incapable de distinguer quoi que ce soit à plus de deux mètres, incapable d’envisager un avenir à plus de deux secondes. J’étais là, suspendu au seuil d’un paradis blanc, sans témoin, dans un silence absolu, enveloppé par cette brume épaisse, cisaillé par un brouillard schizophrénique. Encore deux mètres, encore deux secondes…  quand je me décidai enfin à ouvrir son journal intime. Depuis que je l’avais surprise dans les bras de son amant, je n’avais cessé de me culpabiliser. Puis j’ai osé violer son intimité, je savais depuis toujours où elle cachait son précieux talisman. Je l’ai pris, par dépit, sans intention de l’ouvrir, puis je me suis enfui et je me suis plongé dans les vapeurs de l’alcool et dans les volutes de la coca. C’est là je me suis retrouvé, au bord de l’eau dans ce brouillard à couper au couteau.  » J’ai douze ans, avait écrit Véronica, maman est partie aujourd’hui. Papa me dit qu’elle est montée au ciel, je ne comprends pas, je ne comprends pas » Je me suis alors agenouillé en pleur, effondré. Elle aussi avait beaucoup souffert…

D. D’O


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