Ce beau temps me pèse et m’ennuie

Ce beau temps me pèse et m’ennuie*. Ou plutôt, JE M’ENNUIE ! Que faire quand on est morte de fatigue, sous une lumière aveuglante, enveloppée d’une chaleur écrasante qui vous incendie les méninges et engourdit tous vos muscles ? JE M’ENNUIE ! Je ne bouge pas, étendue sur le sable chaud, trop chaud ! Je n’ai même pas la satisfaction de me dire que je vais bronzer. J’entends les bruits de la plage en sourdine et près de moi la vibration énervante des mouches qui s’attardent sur une glace renversée. Le marchand est passé tout à l’heure et sa silhouette en contrejour s’est imposée au regard comme une photo solarisée. JE M’ENNUIE ! Bientôt, je le sens, cette immobilité va me peser. Si je reste ainsi je vais me dessécher comme un vieil hareng saur. Ne pas me répéter que je m’ennuie, faire l’effort de me lever, ne pas tenir compte de la fournaise. Regarder les gens autour de moi. Aller vers eux, vers ces garçons qui jouent au volley. Et si par hasard l’un d’entre eux avait un coup de chaud en me voyant ? Allons, fini le repos, fini l’ennui, le soleil me parle en paroles sublimes.

Andrée

Ce beau temps me pèse et m’ennuie*. La sècheresse fend la terre, jaunit les blés et bronze les peaux. La plage est surchargée d’un monde qui se baigne et s’amuse dans l’eau. Les marchands de glaces sont débordés.

A midi tout se tait. L’air est brûlant. Les champs n’ont pas d’ombre. Le vent se lève et une onde majestueuse et lente s’éveille. Sous ce soleil joyeux la moindre étincelle allume un feu, le frottement des outils contre les silex crée des incendies. Les taupes sortent de la terre. Elles sont assoiffées

Mais vient le tonnerre qui gronde, les éclairs qui nous éblouissent, la foudre qui tombe et met le feu.

Tout a brûlé. Il ne reste qu’un tas de cendres

Thérèse

Trop chaud pour travailler

Le beau temps me pèse et m’ennuie*

Je ne peux vaquer à mes obligations sans transpirer

La fournaise écrasante des campagnes jaunies

Me  plonge dans une profonde torpeur, terriblement assoiffé

 

Je n’ai qu’une hâte être rafraîchi par la nuit

Plutôt que, sur les bétons de la ville, être liquéfié

Cette canicule m’étouffe et annihile mes envies

J’ai tellement à faire, autre que de me prélasser

 

Je hais cette chaleur, et je me sens maudit

Car je ne peux en profiter, tant je suis obligé

L’idée même, d’une baignade ou de la plage, je prescris

Vivement l’orage, que les rayons de l’astre soient voilés

 

A la pose, j’irai près de la fontaine, alangui,

Me rafraîchir, un peu seulement, pour ne pas dorer

Même dans la rue, les bitumes transpirent et moi je cuis

Écrasé, transpirant, je rage – je ne veux pas dégouliner

D.D’O

*Extrait du poème « Avril » de Gérard de Nerval

 


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