Un lieu, deux regards

I

Je m’appelle Pierre, ‘j’étais Pierre et je suis retourné à la pierre’. Il m’aura fallu tant de mois à lutter pied à pied, pour m’imposer finalement sous la visière du grand magasin. Celui qui fait l’angle avec le mur en pierre de la cathédrale, au moins ici, je serais à l’abri du vent.

Je ne sais pas vraiment définir pourquoi j’ai bagarré pour cet endroit comme la meilleure place.

‘Sans doute parce que !!!!’

En hiver , ce coin me protégeait de la neige. J’étais également à l’abri du vent grâce à l’angle que formaient ces deux bâtisses, et puis plus rassurant que tout nom de dieu, j’avais ma bonne vieille couverture pour me tenir chaud.

Aujourd’hui, je suis au même endroit mais souvent, je chiale de découragement et j’ai terriblement froid dedans, cet hiver je mourrais sûrement. J’ai perdu ma bonne vieille couverture.

II

Comme tous les mardis en allant au PMU, je ne manquais pas d’aller saluer Pierre, ce vieil SDF avec qui j’avais sympathisé au fil du temps. Comme à chaque fois, je lui ramenais une bière, deux croissants et lui glissait cinq euros dans la main abimée qu’il me tendait. C’était devenu un rituel entre nous.

Puis un jour j’ai gagné le quarté; 680 000 euros. J’ai racheté mon crédit, investi dans une belle voiture, la vie est devenue plus confortable, mais je repense parfois à cet endroit qui sentait l’urine, à ce vieux qui ne manquait jamais de compagnie, sa force pour survivre.

Faudrait que j’y retourne un jour, bien que mon mari n’aime pas trop ce quartier de pouilleux, plein de merde de chiens.

D. D’O

I

Comme un métronome les vagues roulaient sur le sable où l’écume marquait la lisière changeante, roulement incessant de cette eau grise qui s’évertuait à venir mourir sans but. Le regard se perdait dans cette monotonie même si de-ci de-là on apercevait quelques roches émergentes recouvertes d’un varech noir et gluant. Un voile à l’horizon accompagnait la houle. Tangage, roulis, tangage roulis… rien de stable, de reposant. Partir….

II

Le château de sable allait bientôt s’écrouler, la marée faisait son œuvre, les cris de plaisir des enfants accompagnaient celui des ados occupés à dompter la balle du jokari prisonnière de son élastique. Tout brillait, miroitait, ondulait. Les aplats des couleurs complétaient le tableau d’un peintre qui avait posé son chevalet dans les dunes, une bouteille de thermos où le rosé restait pour un temps bien au frais à ses pieds

Les herbes marines ondoyaient promesse d’une sieste à venir

Les parasols fleurissaient, les baigneuses aussi courant par groupes bruyants se jeter dans l’eau de la vie quoi !…

Bernard


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